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Fabre

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Généalogie

Généalogie- Fabre

 

Bien qu’ils aient occupé une place importante dans l’histoire du Québec, les Fabre ne sont plus que 250 environ à porter le patronyme aujourd’hui. En comparaison, ce nom de famille figure encore parmi les 100 noms les plus portés en France. Dérivé du latin faber, Fabre (ou ses variantes Favre, Faure) réfère à un forgeron.

 

Le pionnier Raymond Fabre
 
Originaire de la paroisse de Notre-Dame, ville et diocèse de Montpellier (Hérault), le pionnier de cette famille naît de l’union du forgeron François Fabre et d’Anne Clary. Il est mentionné pour la première fois en Nouvelle-France lors d’un baptême à la paroisse Notre-Dame-de-Montréal, le 3 octobre 1753, à titre de parrain, et se dit menuisier; c’est donc un homme de métier. Il épouse Marie-Josephte Bayard/Baillard à la paroisse Notre-Dame-de-Montréal, le 14 novembre 1757 et quelques-uns de ses descendants à la 3ième et 4ième génération marqueront leur époque.
 
Douze enfants naissent de l’union de Raymond et Anne: 9 enfants meurent en bas âge. Seuls une fille et un garçon convolent en juste noces : Marguerite épouse Charles Bonneron le 14 octobre 1758 à la paroisse Notre-Dame-de-Montréal et Pierre assumera la continuité de cette lignée; il épouse Marie-Anne Lamontagne, le 20 janvier 1794, à la paroisse Notre-Dame-de-Montréal.

Le 13 octobre 1763 devant le notaire Hodiesne, Pierre signe un marché de maçonnerie au faubourg St-Laurent par Paul Texier, maître tailleur de pierre et entrepreneur de la rue St-Jacques, en la ville de Montréal à Raymond Fabre, menuisier du faubourg St-Laurent;

Le 26 mars 1779, devenu maître menuisier, il passe devant le notaire B. Faribault pour la signature d’un marché d’ouvrage de menuiserie pour la paroisse de St-Cuthbert.

 
Enfin il se présente chez le notaire pour beaucoup d’autres contrats donc des achats de terre, son testament, etc.
 
2ième génération – Pierre Fabre et Marie-Anne Lamontagne
 
Quatre enfants naissent de l’union de Pierre (fils de Raymond et de Marie-Josephe Baillard) et Marie-Anne Lamontagne; quatre filles et un garçon, dont Édouard-Raymond Fabre le seul garçon de la famille à perpétuer le patronyme; il épouse Luce Perreault, le 9 mars 1826 à la paroisse Notre-Dame-de-Montréal. Il devient un personnage très actif et très important dans la société canadienne-française
 
3ième génération – Édouard-Raymond et Luce Perreault
 
Personnage célèbre, Édouard-Raymond Fabre, (fils de Pierre et Marie-Anne Lamontagne), sera libraire, patriote et homme politique. Il sera maire de Montréal de Montréal de 1849 à 1851
 
Né le 15 septembre 1799 d’une famille modeste, il décède à Montréal le 16 juillet 1854. Son grand-père et son père sont menuisiers; mais, par les actes notariés, on constate qu’ils s’en tirent assez bien. Donc, Pierre peut envoyer son fils Édouard-Raymond étudier au Petit séminaire de Montréal. Il y fait des études de 1807 à 1812.
 
Ses premières expériences de travail
L’année suivante, à l’âge de 14 ans, il entre en qualité de commis dans la quincaillerie d’Arthur Webster, l’une des plus grosses maisons d’affaires de Montréal, où il travaille pendant neuf ans. Dans cette maison, il se familiarise avec les diverses pratiques du commerce : comptabilité, crédit, financement, profit.
 
Édouard-Raymond – futur libraire dans le Vieux-Montréal
L’intérêt d’Édouard-Raymond pour le commerce se diversifie grâce aux contacts qu’il entretient avec Hector Bossange, fils de Martin Bossange, célèbre libraire parisien. Après un bref séjour à Québec, Hector Bossange va s’établir à Montréal et y ouvre en 1815 la librairie Bossange, succursale des Galeries Bossange de Paris, considérée à l’époque comme l’une des plus importantes maisons d’affaires dans le domaine. Bossange se met à fréquenter la famille Fabre et épouse, en 1816, Julie Fabre, sœur d’Édouard-Raymond, vend sa librairie et retourne vivre à Paris avec son épouse.
 
En 1822, Édouard-Raymond quitte Montréal pour Paris où il fera pendant un an l’apprentissage du métier de libraire aux Galeries Bossange. Revenu à Montréal en 1823, il achète le fonds de commerce de l’ancienne librairie Bossange. Il deviendra  le premier véritable libraire du Bas-Canada.
 
Édouard-Raymond – patriote
Édouard-Raymond se passionne également pour les grands débats politiques de son temps. Dès 1827, il se joint aux milieux patriotes de Montréal, se lie d’amitié avec Louis-Joseph Papineau et agit comme conseiller de ce dernier.  
 
Vers 1835, la librairie d’Édouard-Raymond, déménagée sur la rue Saint-Vincent, constitue le rendez-vous par excellence de l’élite nationaliste de Montréal. Régulièrement se réunissent chez le libraire pour causer des événements en cours : Louis-Hippolyte La Fontaine, Augustin-Norbert-Morin, Edmund Bailey O’Callaghan, Édouard-Étienne Rodier, Denis-Benjamin Viger, Ludger Duvernay et Louis-Joseph Papineau.

L’appui de Fabre à la cause des Patriotes l’amènent à participer à la création de plusieurs organisations : la Maison canadienne de commerce, la Banque du Peuple et l’Union patriotique. Il soutient financièrement le journal La minerve et autres journaux, afin d’assurer la diffusion de leurs idées. Après le début de l’affrontement en 1837, il se réfugie à la campagne avant d’être arrêté et emprisonné pendant un mois à la fin de 1838. Au début des années 1840, il fit campagne pour le retour des Patriotes exilés, surtout celui de son grand ami, Louis-Joseph Papineau.

Édouard-Raymond – homme politique
En 1847, l’activité publique d’Édouard-Raymond Fabre l’amène à poursuivre une carrière en politique municipale. En 1848, on l’élit conseiller du quartier Est; on le désigne comme échevin et président du comité des finances du conseil. De 1849 à 1851, il est Maire de Montréal.

Son mandat n’a pas été des plus calme, puisque c’est en 1849 que le Parlement flambe. Il se présente à nouveau en 1854, mais Wolfred Nelson, avec qui il a souvent travaillé, lui barre la route l’année même où il décède du choléra, le 15 juillet 1854.
 
Pendant qu’Édouard-Raymond s’occupait de son commerce et de politique, son épouse Luce prit en charge l’éducation de leurs enfants et prépara des réceptions pour des invités.  En plus de ses responsabilités domestiques, Luce s’associa à d’autres femmes bourgeoises et catholiques afin de faire la promotion d’œuvres charitables. La Société des dames de la charité créa l’Orphelinat catholique de Montréal en 1832 et fonda l’Asile de la Providence pour les femmes âgées et infirme au début des années 1840.
 
4ième génération
Hector et Édouard Charles
 
Parmi les 7 enfants né du couple Fabre-Perrault, deux fils se distingueront particulièrement :

Édouard-Charles Fabre, né le 28 février 1827, deviendra le premier archevêque de Montréal en 1886. La rue Fabre sera d’ailleurs nommée en son honneur en 1899.  Il militera jusqu’au Vatican pour une université indépendant à Montréal. L’Université de Montréal étant autrefois une succursale de l’Université Laval. Il complètera aussi la cathédrale St-Jacques-le-Majeur, rebaptisée aujourd’hui Marie-Reine-du-Monde. Il meurt le 30 décembre 1896.


Hector Fabre, né le 9 août 1834 à Montréal, n’a que 3 ans quand sa famille prend la fuite vers Lavaltrie et Contrecoeur lors des insurrections de 1837-38. Mais son père sera quand même arrêté et emprisonné en 1838. Cet épisode trouble marquera Hector Fabre et, en grandissant, sa plume nationaliste servira la mémoire des défunts patriotes, notamment celle de Chevalier de Lorimier. Avocat, il mettra de côté le droit et optera aussi pour le journalisme, entre autres pour L’Ordre et Le Canadien, avant de fonder sa propre publication, L’Événement. Il sera le premier représentant du Québec à Paris, ville où il s’éteint le 2 septembre 1910.

La soeur d’Édouard-Charles et Hector, Hortense Fabre, mariera pour sa part Georges-Étienne Cartier, premier ministre du Canada-Uni et l’un des pères de la Confédération canadienne.
 
 

Recherche: Gisèle Monarque
 
 
Sources bibliographiques

Base de données du  Programme de recherche en démographie historique de l’Université de Montréal (PRDH)
Base de données notariales Parchemin
Fichier origine
Dictionnaire biographique du Canada
Éditions Fides 1978 – La chronique des Fabre, Gérard Parizeau
Éditions Albert Lévesque 1933- Figures canadiennes, Abbé Élie-J.Auclair

 

 

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